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1er octobre 2018

Accord États-Unis-Mexique-Canada


L’Accord États-Unis-Mexique-Canada : une grande déception pour nos producteurs de lait et pour tous les Québécois.

Posted by Philippe Couillard on Monday, October 1, 2018

L’entente du gouvernement fédéral avec les États-Unis est très mauvaise pour le Québec.

Aujourd’hui, je répète comme hier que nous allons prendre tous les moyens pour empêcher l’exécution de cette entente néfaste en matière agricole.

Ce matin, j’ai participé à l’appel avec M. Trudeau et je lui ai dit notre profonde déception.

Une grande déception pour les producteurs de lait. Une grande déception pour nos familles dans les régions du Québec. Une grande déception pour les Québécois.

La gestion de l’offre est grandement affaiblie, pour 2 raisons :

D’abord, un quota minimal d’importation de 3,58 %, qui pourrait même augmenter selon le type de produits importés. La proximité géographique des exportateurs américains ajoute à la menace.

Il y a une énorme différence entre des exportations qui viendraient de marchés plus éloignés (comme l’Europe ou l’Asie) ou du Maine.

L’autre enjeu, tout aussi important, est celui de ce qu’on appelle le lait de « classe 7 ».

Dit simplement, cette classe a été créée pour permettre l’écoulement au Canada et à l’étranger de protéines laitières provenant du lait écrémé recueilli après extraction des matières grasses comme le lait et le beurre.

La disparition de cette classe, on le comprend, va profondément déstabiliser nos exploitations laitières. En fait, elle est essentielle au fonctionnement de la gestion de l’offre.

Il n’est donc pas exact de dire que ce système si important pour nos familles et nos régions a été préservé. Dans les faits, il se retrouve grandement déstabilisé.

Le gouvernement fédéral a ouvert une porte toute grande aux États-Unis en permettant une intrusion sans précédent dans la politique commerciale intérieure de notre pays.

Par ailleurs, nous constatons que les concessions canadiennes n’ont pas encore permis de régler le différend sur l’aluminium, ou de faire le moindre gain sur l’accès aux marchés publics américains pour nos entreprises.

Après l’appel avec le fédéral, j’ai informé les chefs des autres partis de la situation.

J’ai parlé à nouveau avec M. Bachand et aussi avec M. Groleau, M. Théberge (président régional de l’UPA), M. Lampron et M. Letendre, des Fédérations de producteurs de lait.

Nous allons nous rencontrer demain après-midi à Québec pour analyser les détails de la conclusion des négociations et jeter les bases de nos prochaines actions.

Ces discussions bénéficieront au prochain gouvernement pour tracer la voie à suivre avec nos producteurs agricoles.

Les chefs de tous les partis ont déclaré leur détermination à soutenir nos producteurs de lait.

Je suis convaincu que les Québécois vont continuer d’affirmer leur solidarité avec notre modèle d’agriculture familiale.

Nous ne voulons pas du modèle américain de type industriel, qui créerait chez nous une agriculture de locataires.

Près d’ici se trouve la ferme de M. Bouchard, un précurseur de l’agriculture biologique, actuellement transmise à ses enfants. En Outaouais, j’ai rencontré la famille Leduc, la 5e génération de producteurs sur la même terre. J’ai parlé ce matin à Steve Leduc, qui nous avait accueillis chez lui avec sa famille. Il m’a demandé de tenir bon pour nos régions et nos enfants. C’est ce que je ferai. C’est à eux et à toutes les familles agricoles que je pense. Je resterai à leurs côtés, sans fléchir.

Nous analyserons les textes dès qu’ils seront disponibles. Nous prendrons les mesures appropriées pour contrecarrer l’atteinte à nos producteurs.

L’exception culturelle et la mécanique de règlement des différends sont maintenues dans cette entente. Tous s’en réjouiront, particulièrement nos forestiers.

Nos relations avec les États-Unis voient une partie de l’instabilité levée.

Pour l’économie du Québec, c’est important, mais à quel prix?

Aujourd’hui, c’est un jour sombre pour nos régions.