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04 mai 2018

Campagne électorale : Le PLQ parlera de pauvreté… et pour cause !


Par François Blais

Député de Charlesbourg et ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale

 

En réponse au texte de Françoise David, « Les bons pauvres et les autres », publié le 26 avril.

 

Source : LaPresse

Dans un récent texte paru dans La Presse+, Françoise David invite, avec raison, les formations politiques du Québec qui se présenteront aux prochaines élections à donner leur vision et leurs propositions pour lutter contre la pauvreté.

L’approche du Parti libéral du Québec s’appuie historiquement sur trois principes.

Un développement économique vigoureux et inclusif

Le développement économique est une condition essentielle au développement social. Rien n’est possible sans lui. L’économie se porte beaucoup mieux au Québec et cela a un impact direct sur la vie de nos concitoyens.

Par exemple, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Philippe Couillard, on compte 88 700 chômeurs de moins. De plus, 46 000 personnes ont quitté l’aide sociale pendant cette période. C’est du jamais vu !

Le Québec se situe aujourd’hui au deuxième rang au Canada pour son faible taux de pauvreté, et les inégalités économiques après impôts et transferts y demeurent parmi les plus faibles du monde industrialisé. Les taux de chômage et d’assistance sociale atteignent un plancher historique tandis que les salaires augmentent plus rapidement que partout ailleurs au Canada.

Des politiques publiques réfléchies et efficientes

La vitalité économique est essentielle à une solidarité généreuse, mais elle ne la garantit pas automatiquement. C’est pourquoi toute social-démocratie mettra en place un panier de services et de mesures redistributives efficaces et complémentaires. Par exemple, un salaire minimum compatible avec la réalité du marché de l’emploi.

Il faut ajouter à cela des mesures fiscales progressistes qui font en sorte que c’est au Québec que le revenu disponible des bas salariés demeure le plus élevé après impôts et transferts.

Les crédits d’impôt de solidarité, la prime au travail ou encore la politique de soutien des familles ont été mis en place et renforcés par des gouvernements libéraux.

Ces mesures redistributives ont fait leurs preuves. Il en va de même pour les modifications apportées à l’aide sociale récemment par notre gouvernement pour obliger dorénavant les premiers demandeurs à l’aide sociale sans contraintes à l’emploi connues à rencontrer un agent et définir avec lui un parcours de réinsertion sociale. Les coûts de tels programmes d’insertion sont élevés, certes, mais en période de plein-emploi, ils se justifient pleinement.

Promouvoir la liberté réelle de ceux et celles qui en détiennent le moins

Le Québec s’est doté d’une loi-cadre pour lutter contre la pauvreté et favoriser l’inclusion sociale. Les deux premiers plans, élaborés par des gouvernements libéraux, faut-il le rappeler, ont permis à 140 000 personnes, principalement des familles, de se hisser de manière permanente au-dessus des seuils de pauvreté. Ceci essentiellement grâce à des améliorations notables du programme de soutien aux familles et à l’introduction du crédit d’impôt pour solidarité.

Le troisième plan gouvernemental pour l’inclusion économique et sociale que j’ai présenté en décembre dernier prévoit des investissements de près de 3 milliards sur cinq ans.

Son ambition principale : sortir de façon permanente plus de 100 000 personnes de la pauvreté, principalement cette fois des personnes handicapées vivant seules.

Pour y arriver, nous mettrons en place la première forme de revenu de base au Canada. Un projet de loi à cet effet est d’ailleurs à l’étude en ce moment à l’Assemblée nationale et les partis de l’opposition ont indiqué clairement leur intention qu’il soit adopté d’ici la fin de la session et je les en remercie.

Cette mesure, qualifiée en commission parlementaire de « progressiste » et d’« avancée majeure », devrait permettre à terme au Québec d’atteindre pour la toute première fois le peloton de tête des nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres, peloton qui comprend la Norvège, les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande ! Aucun commentateur n’a jusqu’ici remis en question le caractère plausible de l’atteinte d’un tel objectif.

Le PLQ a un plan très clair avec une cible historique à notre portée. Maintenant, que proposent les autres partis d’aussi cohérent et réaliste en matière de pauvreté ? Comment pensent-ils en garantir le succès ?