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05 décembre 2020

Lettre ouverte


LETTRE OUVERTE
Québec, le 5 décembre 2020

Enquête du New York Times « The Children of Pornhub »

Nous demandons aux gouvernements du Canada et du Québec d’agir maintenant pour mettre fin à cette situation intolérable, scandaleuse et choquante

La situation rapportée dans le New York Times est intolérable, scandaleuse et choquante. La pornographie juvénile est un fléau. Nous avons l’obligation morale de mettre en place des moyens pour protéger nos enfants de ces prédateurs sans scrupules. Nous avons aussi le devoir de nous assurer que des sites Web tels que PornHub prennent leurs responsabilités en s’assurant qu’aucune vidéo de pornographie juvénile ne puisse exister sur leurs sites.

Ce que nous apprenons dans le New York Times est un dur coup pour la réputation du Canada, du Québec et de la ville de Montréal. Nous devons tous lutter contre l’industrie de l’exploitation sexuelle et du viol.

Rappelons que l’entreprise MindGeek Canada, qui possède le site PornHub, est immatriculée au Québec et opère depuis la ville de Montréal. Le site a reçu plus de 42 milliards de visiteurs l’an dernier.

En conséquence, nous demandons aux gouvernements du Canada et du Québec d’utiliser tous les outils dont ils disposent dans leurs champs de compétence respectifs pour mettre fin à cette situation intolérable.

Nous demandons :

Que la ministre de la Sécurité publique, Madame Geneviève Guilbault, mette en application dans les plus brefs délais, l’article 5 du Rapport de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs : Que le gouvernement du Québec confie à des experts le mandat de produire un avis concernant la présence de pornographie juvénile sur des sites liés à des entreprises enregistrées au Québec et les mesures mises en place pour la prévenir et la réprimer.

Que le premier ministre du Canada, Monsieur Justin Trudeau, donne suite aux demandes de la sénatrice Julie Miville-Dechêne et des 20 élus fédéraux, dont celle de consentir à lancer une enquête sur PornHub et de prendre les mesures coercitives qui s’imposent pour avoir hébergé des vidéos « démontrant des crimes sexuels de masse comme le viol, la traite, la maltraitance et l’agression d’enfants ».

De donner suite au projet de loi d’intérêt public du Sénat, S-203, Loi limitant l’accès en ligne des jeunes au matériel sexuellement explicite.

Que les gouvernements mettent en place des mesures de contrôle de l’identité, de l’âge et du consentement de toute personne qui contribue ou apparaît dans du matériel pornographique.

Nous demandons aux gouvernements du Québec et du Canada d’accroître la responsabilité des opérateurs, hébergeurs et propriétaires de sites pornographiques comme éditeurs de contenu.

Que le gouvernement du Québec empêche des compagnies en TI (technologies de l’information) de bénéficier d’avantages financiers ou fiscaux, comme les crédits d’impôt notamment, lorsque des comportements tels que rapportés dans le New York Times sont avérés.

Christine St-Pierre
Députée de l’Acadie
Vice-présidente de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs

Isabelle Melançon
Députée de Verdun
Porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine

Frantz Benjamin
Député de Viau
Porte-parole de l’opposition officielle pour les dossiers jeunesse

Pour consulter l’enquête du New York Times (anglais seulement) :
https://www.nytimes.com/2020/12/04/opinion/sunday/pornhub-rape-trafficking.html