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15 mars 2021

Pesticides et maladies professionnelles : une omission préoccupante à la réforme du régime de santé et de sécurité au travail


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À l’automne 2020, le ministre Jean Boulet a déposé le projet de loi 59 Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail, dans laquelle il prévoit une mise à jour de la liste des maladies professionnelles reconnues par la loi. Nous avons été extrêmement surpris de constater que les maladies liées à l’exposition aux pesticides, telles que le Parkinson, n’ont pas été ajoutées à la liste.

Il suffit d’une rencontre avec Serge Giard, aujourd’hui président de Victimes des pesticides du Québec, pour comprendre l’ampleur du sentiment d’injustice que vivent les producteurs, les travailleurs agricoles et les agronomes gravement affectés par leur exposition aux pesticides. Son témoignage, lors de la Commission sur les pesticides tenue à l’Assemblée nationale en 2019, nous a profondément touchés. Spasme du bras, tremblement de la main ; en 2014, le producteur agricole est diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. Il n’est malheureusement pas le seul. Parkinson Québec estime que chaque année, trente nouveaux cas de Parkinson sont diagnostiqués en lien avec l’exposition professionnelle aux pesticides.

Le ministère de l’Agriculture reconnaît les risques associés à l’utilisation des pesticides. Les élus de l’Assemblée nationale, de tous les partis, les ont aussi reconnus lors de la Commission sur les pesticides. Pourquoi ? Parce que les données probantes existent. L’Institut national de santé publique du Québec évoque un lien fort entre l’exposition aux pesticides et la maladie de Parkinson. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale français abonde dans le même sens ; la Suède reconnaît ce lien également. Pourtant, le gouvernement caquiste a fait le choix, en toute connaissance de cause, de ne pas reconnaître les lourdes conséquences de l’exposition aux pesticides pour les agriculteurs et leurs familles.

Nous comptons, au Québec, sur plus de 41 097 agriculteurs et agricultrices qui exploitent leurs entreprises agricoles en famille et emploient près de 60 000 travailleurs. Quelque 32 000 personnes détiennent un permis d’utilisation de pesticides, sans compter les plus de 3000 agronomes qui peuvent être exposés aux pesticides.

Le gouvernement caquiste plaide pour une plus grande autonomie alimentaire. Nous aussi nous voulons plus d’aliments québécois dans nos assiettes, mais pas au prix de la santé des gens qui travaillent à les produire, et dans l’abandon de la reconnaissance des risques qu’ils encourent pour nous alimenter.

L’étude détaillée du projet de loi 59 a débuté. Le ministre Jean Boulet a entendu les cris du cœur. Il doit corriger le tir rapidement. Nous lui offrons notre entière collaboration en ce sens.

– Monsef Derraji, député de Nelligan et porte-parole de l’opposition officielle en matière de travail et d’emploi

– Marie Montpetit, députée de Maurice Richard et porte-parole de l’opposition officielle en santé

– Jean Rousselle, député de Vimont et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture.

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