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Communiqué de presse
07 octobre 2020

Motion du PLQ sur la Crise d’Octobre 1970


Crise d’Octobre 1970

Réfléchir à son passé permet de mieux comprendre notre histoire, incluant ses failles, ses fractures et ses épisodes plus sombres.

Le passé laisse des traces. Et, sans surprise, celles-ci sont différentes selon les personnes et les perspectives. C’est pourquoi nous devons traiter notre histoire avec humilité, honnêteté et courage. Pour essayer, dans la mesure du possible, de se donner des bases communes de réflexion.

Peu importe de quel côté nous nous trouvons, aucun être humain ne détient la vérité absolue sur les événements d’octobre 70. Plusieurs d’entre nous n’étaient pas au monde à l’époque.

Mais il faut en parler quand même, parce qu’il s’agit de notre histoire collective, qui survit jusqu’à aujourd’hui.

De 1963 à 1970, au Québec, 7 personnes ont perdu la vie, dont un jeune homme de 16 ans, et des dizaines ont été blessées dans des circonstances qu’il nous est toujours difficile d’assimiler.

Les armes, le sang, les actes terroristes du FLQ sont des pans douloureux de notre passé. Ces actions violentes sont difficiles à réconcilier avec la façon dont nous nous percevons comme peuple. Et pourtant, cette violence a bien eu lieu.

L’imaginaire collectif québécois en est d’ailleurs toujours profondément marqué. Si je prononce aujourd’hui le nom de Pierre Laporte, on pense spontanément à l’homme assassiné par le FLQ en 1970.

Mais Pierre Laporte était bien plus. Un journaliste, un avocat. Un homme qui a osé utiliser sa plume pour dénoncer des scandales durant la Grande Noirceur.

Pierre Laporte, le ministre. Pierre Laporte, le père de famille. Mais aussi Pierre Laporte, le député. Comme nous tous. Il y a probablement une personne assise où il l’a été, il y a 50 ans.

Pierre Laporte a été retrouvé mort le 17 octobre 1970. Son seul crime aura été de traduire ses idées politiques en engagement concret, à titre de député. Parler de la vie de Pierre Laporte, c’est aussi, un peu, raconter notre histoire.

Dans le contexte de la crise d’octobre 1970, les gouvernements n’avaient d’autre choix que de prendre des mesures décisives. C’était vrai pour la ville de Montréal, pour le gouvernement du Québec, et pour le gouvernement fédéral.

Mais il y a eu des débordements. Des perquisitions abusives, des arrestations et détentions par centaines. Ça aussi, c’est arrivé. Il faut avoir le courage de le dire. Des Québécoises et Québécois innocents ont été emprisonnés en raison de leur allégeance politique indépendantiste.

Et pour ces débordements, pour ces violations des droits de personnes innocentes, les gouvernements concernés devraient s’excuser. Il s’agit bien sûr d’un geste symbolique, mais c’est une étape nécessaire pour la réconciliation avec notre passé.

Je suis la fille d’un prisonnier politique. Pour son engagement et ses convictions, mon père a payé un lourd tribut : il a perdu sa liberté. Je porte en moi la conviction intime qu’être emprisonné, perquisitionné, assassiné en raison de ses choix politiques, sera toujours intolérable.

Nous avons le devoir de condamner le recours à la violence dans une démocratie. Nous savons le mal qu’elle nous a causé.

C’était il y a 50 ans. Il est temps de nous réconcilier avec le passé.

Dominique Anglade
Cheffe du Parti libéral du Québec

Cliquez ici pour lire la motion du PLQ présentée aujourd’hui concernant la Crise d’Octobre 1970. Pas de consentement.