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27 janvier 2017

La recette improvisée du PQ en matière d’économie ne fonctionne pas


Le Québec se doit d’être une économie ouverte et conquérante.

C’est une condition essentielle pour pouvoir offrir à nos entreprises la possibilité de croître et de prospérer à la fois sur notre marché et sur les marchés extérieurs, comme le montrent les nombreux exemples et modèles qui font la fierté du Québec.

Ce n’est pas en isolant le Québec ou en construisant un mur autour de nos frontières que nous allons aider nos entreprises et aider le Québec. Le Québec dispose d’un marché intérieur dont la taille demeure limitée et n’offre pas les mêmes possibilités de croissance que les marchés extérieurs pour nos entreprises, les grandes comme les plus petites. Ce serait une erreur de ne pas en profiter en exportant et en se développant sur d’autres marchés.

On peut bien appeler cela comme on veut, « nationalisme économique » ou autre, ce qui est clair c’est qu’en nous refermant sur nous-mêmes, nous privons nos entreprises d’occasions de croître. Par conséquent, elles s’affaiblissent et deviennent vulnérables. C’est alors tout le Québec qui s’affaiblit.

Notre balance commerciale avec les États-Unis est excédentaire (+25 G$), ce qui veut dire que nous exportons davantage que nous importons. Donc, le Québec s’enrichit par ces échanges. Si on se referme sur soi-même, on se prive purement et simplement de ces possibilités et on s’affaiblit. Ce sont les risques d’une politique protectionniste. Dans un marché de 350 millions de personnes, comme celui des États-Unis, les risques sont peut-être moins grands à court terme, mais pour une économie et un marché de la taille de ceux du Québec, cela serait dévastateur. D’aussi loin que je me souvienne, je ne connais pas de modèles économiques où le repli sur soi-même et l’absence d’ouverture vers l’extérieur ont été bénéfiques pour une société.

La recette du PQ en matière d’économie ne fonctionne pas. Elle n’a pas fonctionné au cours des 18 mois où il a été au pouvoir et elle fonctionnerait encore moins dans le contexte actuel. Son bilan économique est sans équivoque : pertes de 20 000 emplois dans le secteur privé, augmentation du chômage (+0,4 %), ralentissement de la croissance économique, perte de confiance des entreprises, baisse des investissements privés, cote de crédit du Québec sous perspective négative. Une triste performance réalisée en seulement 18 mois, alors que la reprise économique s’observait chez la plupart de nos voisins.

Faut-il craindre les menaces protectionnistes? Certainement, mais cela est vrai dans les deux sens. C’est pour cette raison que la politique panique improvisée du PQ pour faire face à cette situation est bien plus préoccupante et dangereuse que la situation elle-même.

Les États-Unis sont un partenaire important et les intentions, au sud de notre frontière, constituent certainement des menaces face auxquelles nous nous devons de réagir. Cependant, il ne faut pas perdre de vue que de nombreux États américains sont des partenaires importants et nos économies sont fortement intégrées. Nous allons faire en sorte qu’elles le restent et elles vont le rester, car ces intérêts mutuels demeurent. Il y a également de nombreuses autres possibilités en Asie et en Europe, notamment avec le projet de mise en œuvre de l’accord de libre-échange (AECG) dont la politique du PQ nous priverait.

Il faut prendre avec sérieux les menaces et les risques, mais aussi les occasions d’affaires que les décisions des États-Unis pourraient générer, et agir de manière ordonnée. C’est ce que nous faisons et ce que nous allons continuer de faire. Créer un environnement stable, compétitif et stimulant pour que les entreprises se développent et deviennent plus fortes et plus conquérantes. Construire une économie plus forte, c’est ce que nous faisons. Depuis le début de notre mandat, la confiance des entreprises et la consommation des ménages ont dynamisé notre économie. Avec un taux de 1,7 %, la croissance économique prévue au Québec pour 2016 sera supérieure à celle du Canada et des États-Unis. Il s’est créé 160 000 emplois au Québec lors de notre mandat, essentiellement dans le secteur privé et à temps plein, et les agences de notation ont rehaussé la perspective de crédit du Québec. Il faut aussi souligner le dynamisme d’entreprises comme CGI, Couche-tard et bien d’autres moins connues ou de taille plus modeste sur les marchés étrangers, mais tout aussi importantes pour le dynamisme et le rayonnement de l’économie québécoise. Enfin, rien que pour l’année 2015-2016, le repli sur nous-mêmes nous aurait privés de 80 projets d’investissements internationaux au Québec équivalant à près de 1,3 G$ d’investissements et soutenant 5 000 emplois partout au Québec.

Tout récemment encore, des firmes de renommée mondiale comme Siemens, ABB ou Arcelor ont choisi le Québec pour investissements plus de 700 M$, en raison de son dynamisme économique et de son attractivité.

Il y a donc deux propositions. Soit répondre à la montée du protectionnisme par du protectionnisme, se refermer sur nous-mêmes et nous affaiblir, ou bien créer les conditions favorables pour permettre à notre économie de croître et de se développer, à la fois au Québec et sur les marchés extérieurs, et ainsi permettre la création d’emplois de qualité. Le choix est simple. Nous poursuivrons nos efforts pour maintenir un environnement d’affaires favorable en privilégiant l’ouverture et le dynamisme. C’est ce que nous avons fait jusqu’à maintenant et ce que nous allons continuer de faire. Nous allons continuer d’être engagés dans la défense des intérêts du Québec et de ses entreprises face à la montée du protectionnisme et nous allons accompagner nos entreprises dans leur développement au Québec et ailleurs dans le monde.

Pendant que certains concentrent leur énergie à parler de division et de repli sur soi-même, prônant une vision étroite et sans ambition, notre gouvernement agit et regarde plus loin et plus haut pour nos entreprises et notre économie. C’est ça, le vrai nationalisme économique.

Carlos J. Leitão
Député de Robert-Baldwin et ministre des Finances